Petite histoire de la digitalisation. Pour la plage.
- jean-baptistegaumo
- Jul 30
- 2 min read

Avant de partir en vacances et de soulager vos fils de conversation LinkedIn pour un mois, je vous propose une courte histoire des problèmes de digitalisation avec une lecture « théorie des contraintes », c’est-à-dire l’analyse des principales contraintes de la digitalisation lors des 50 dernières années.
Les entreprises normalement constituées utilisent des systèmes digitaux dans un but très précis : créer de la valeur. Il faut donc regarder la chaîne complète de la décision d’utiliser un outil jusqu’à la création de valeur, pour s’assurer que le but de la digitalisation est en vue.
Au départ, le problème, c’est la technique. C’est les années 80 : on est limité par les capacité techniques, les disquettes font 5”1/4 puis 3”1/2. Il faut coder malin, être frugal partout, c’est un truc de spécialiste. Il faut pas mal d’imagination pour voir une balle de tennis dans le petit carré jaune qui passe de gauche à droite de l’écran.
Au milieu des années 90, la puissance n’est plus le problème : les réseaux arrivent on connecte, Windows copie le Mac aves ses icônes. On a suffisamment amélioré la technique (Interface homme-machine comprise) pour que cela ne soit plus la contrainte : c’est la gestion de projet qui est goulot. Les méga projets s’enchainent avec retard et surcoût. En 1995, le surcoût médian des projets IT est de 50%*.
On travaille sur la gestion de projet, et on invente l’agilité. Ça n’a pas tout résolu mais cela améliore quand même grandement la situation. Les grands projets existent encore (et dérivent encore dans bien des cas), mais les projets en mode « agile » ont des chances de succès plus importants*. On en est à peu près là.
Quelle est la contrainte actuelle, ce qui limite la création de valeur par le digital ? Et bien l’étape suivante une fois qu’on a résolu les problèmes techniques, l’exécution des projets, c’est l’adoption par les utilisateurs ! C’est le sujet de la décennie dans le domaine du digital. Avec l’IA, mais l’IA, ça va être un problème d’adoption plus qu’un problème technique très rapidement, car les solutions se construisent à une vitesse incroyable et on bute encore sur la bonne manière de l’utiliser dans les entreprises pour transformer cette technologie en une vraie valeur industrielle. D’ailleurs, les plates-formes d’adoption digitale font florès : ce marché* représente déjà 1Md$ par an !
La situation actuelle dans le domaine de la digitalisation, dans ses très grandes lignes, est assez claire : nous avons la technique dont nous avons besoin, nous savons assez bien gérer les projets, l’enjeu est de transformer les organisations, les manières de faire, pour que cette puissance soit effectivement mise au service des utilisateurs pour effectivement créer la valeur attendue. D’adopter. Et sans se tromper d’approche (à ce sujet je vous renvoie vers un précèdent billet* !)
*« Chaos report » 1995 pour les dérives de coût, 2020 pour l’efficacité de l’agilité. https://tinyurl.com/3wn6bvmf
*Gartner, « Market Guide for Digital Adoption », septembre 2025. https://tinyurl.com/ypu7dz4u
*Mon billet sur les contraintes liées à l’adoption : https://tinyurl.com/3n4abhwm



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