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Gouvernance : tranchées ou système nerveux ?

Gouvernance des SI : réseau de tranchées ou système nerveux ?


Je vois beaucoup d’entreprises se tromper sur le sens de la gouvernance. On pense que la gouvernance, c’est la réunion où on décide. Et après on s’étonne que les décisions ne soient pas appliquées, qu’elles soient « hors sol », qu’on travaille en silo, voir que c’est la guerre de tranchée – entre SI et métier par exemple ! L’indicateur, c’est quand le DSI parle à ses collègues métiers en disant « vous ». Il se met hors de l’entreprise, se considère comme externe au problème à résoudre. Dans sa tranchée. L’enfer, c’est les autres. Et c’est pareil côté métier.


Une gouvernance bien organisée ressemble plutôt à un système nerveux : elle irrigue toutes les parties de l’entreprise, de telle sorte que les infos remontent au bon niveau pour une prise de décision au bon niveau, et que ces décisions soient mises en œuvre également au bon niveau. Avant la digitalisation, c’était facile : on avait des chefs, un organigramme, et basta. Le problème avec les systèmes d’info, c’est qu’ils constituent un mélange complexe et subtil d’expertise technique, d’impact fort sur les processus, et d’apparente facilité d’usage. Les chefs n’ont pas la compétence technique pour décider, et les informaticiens n’a pas la compétence métier. Il faut donc organiser cette prise de décision, au bon niveau, en impliquant au maximum les acteurs techniques et métier, en créant de manière organique, naturelle, l’alignement nécessaire pour que les décisions prises se transforment en réalité terrain.


La bonne solution, c’est le réseau ! En étant massivement transverse, un réseau bien structuré peut toucher tous les utilisateurs, et ainsi assurer ce rôle de système nerveux qui fait circuler l’information sur les bonnes manières de faire, sur les changements à apporter. Et générer de l’alignement organique. Couplé à des réunions de pilotage régulières entre les managers de haut niveau (qui trancheront sur les questions stratégiques), cela créé cette dynamique qui permet aux systèmes d’information de créer toute la valeur qu’on attend d’eux.


Le réseau sans la réunion de pilotage est comme un canard sans tête : ça marche un temps, à la force du poignet de celui qui en a pris l’initiative. Mais à un moment, ça s’épuise. La réunion de pilotage sans le réseau, c’est comme une IA : ça parle bien mais reste incapable d’agir, de transformer sa décision en réalité concrète. Et parfois, ça hallucine !


Pour approfondir cette histoire de réseaux, relisez les précédents billes de blog sur le sujet !

 
 
 

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